Dogora

Cette œuvre est une grande suite populaire pour choeur mixte d’adultes, choeurs d’enfants, solistes et orchestre symphonique, écrite par Etienne Perruchon.

Dogora c’est, en 21 tableaux, l’histoire du peuple Dogorien, un peuple imaginaire qui parle une langue imaginaire aux accents slaves : le dogorien. Une grande fresque populaire, fêtes, combat, exil … est ainsi peinte sur des airs entraînants qui rappellent eux aussi souvent des musiques slaves, mais empruntent également des sonorités de musiques de film, de jazz, de musiques du monde. Composée pour le passage à l’an 2000, revisitée et étoffée en 2004, l’œuvre Dogora a inspiré au cinéaste Patrice Leconte le film " Dogora, ouvrons les yeux ", film muet créé à partir de la musique d’Etienne Perruchon.

Cette œuvre a été choisie par l’association « Concerts en Vienne » pour le rassemblement de chorales de la Vienne de cette année 2011-2012. Comme pour les rassemblements précédents (chœurs d’opéra en 2000, Canto General en 2004 et Carmina Burana en 2012), une grande série de concerts « Dogora » avec plus de 1000 participants au total est prévue en mai-juin 2012 dans le département.

1. La première version

En 1996, Etienne Perruchon compose les premières chansons en «Dogorien», la langue imaginaire d’un peuple imaginaire de nomades en Europe de l’Est, pour un spectacle de la compagnie Brozzoni d’Annecy. Puis, la ville de Chambéry et son Ecole Nationale de Musique commandent au compositeur une œuvre grandiose et fédératrice pour fêter le passage à l’an 2000. Etienne Perruchon avait toujours imaginé orchestrer ses chansons, et il décida donc d’écrire DOGORA, une cantate de 28 minutes pour chœur mixte, chœur d’enfants et orchestre symphonique.

Etienne Perruchon :
« Ces chants sont écrits dans une langue imaginaire, le "Dogorien", conçue pour leur donner un immense réalisme, faisant appel à des procédés quasi syntaxiques mais parfaitement imaginaires. Dogora est une oeuvre purement émotionnelle. C’est la musique qui donne sens à l’œuvre, le texte étant incompréhensible.
J’ai toujours été attentif au rapport entre le texte et la musique. La musicalité des mots m’importe, elle induit un sens à elle seule. C’est pourquoi, après avoir travaillé sur des chansons avec des paroliers, sur des contes mis en musique et sur bien d’autres choses, j’ai fini par inventer un langage imaginaire qui regrouperait toutes les influences vocales européennes au sens le plus large du terme. Je me suis inspiré de toutes les consonances pour générer un langage imaginaire, un "trompe-l’oreille". La mélodie des mots devait être si forte qu’elle donnerait un sens aux phrases. J’ai construit des refrains, des couplets, des leitmotive qui reviennent comme des mots-clés pour former un discours cohérent qui puisse se lire comme un vrai langage.
Le Dogorien permet aux chanteurs et aux auditeurs de toutes confessions et de toutes cultures de mettre un sens personnel et universel à ces chants. »

2. Le film et la version finale

Quand le réalisateur Patrice Leconte à découvert DOGORA dans sa première version de 28 minutes, Etienne Perruchon lui a fait part de son rêve d’associer des images à cette musique. L'enthousiasme du réalisateur pour l’œuvre n’a fait qu’accentuer ce désir. Décision était prise qu’un film pourrait être fait si l’œuvre était réécrite pour qu’elle dure 70 minutes. Ce serait un film musical sans acteur et sans scénario avec pour seul guide la musique.

Etienne Perruchon : «J’étais heureux de pouvoir enfin développer ces thèmes qui me sont si chers et en inventer de nouveaux pour construire une vraie grande suite pour choeur et orchestre en mettant en avant les voix d’enfants. Le résultat du film de Patrice Leconte est au-delà de mes espérances et de ce que j’imaginais. Quel bonheur de savoir que mon oeuvre est maintenant porteuse d’une si belle aventure artistique et humaine !" »

Depuis la sortie du film en 2004, les concerts de Dogora se succèdent un peu partout en France et des milliers de spectateurs ont découvert l’oeuvre et sa puissance émotionnelle. Que Dogora soit jouée par un orchestre symphonique ou un Brass Band, l’oeuvre enthousiasme les spectateurs. Une nouvelle vie commence pour Dogora !

Le 25 mai 2007, DOGORA – Grande suite populaire a été créée sur la scène nationale d’Annecy dans sa version rallongée de 70 minutes avec 21 morceaux, pour chœur mixte, chœur d’enfants, solistes et orchestre symphonique. Elle raconte la vie d’un peuple nomade, avec, pour certaines pièces, des indications imaginées par le compositeur : chants de victoire ou de révolte, chants mélancoliques, chants enfantins, berceuses, danses et l’ « hymne dogorien » Donia. Mais de nombreuses pièces sont laissées à la libre imagination du chanteur et du spectateur !